Procès en Appel le 19 octobre 2011

AFFAIRE MAX HAVELAAR * :

[ un grand merci à Valère pour cette illustration offerte à mon comité de soutien ]

* [ pour ceux qui auraient manqué une étape, cliquez sur l'image ci-dessus... ]


L’affaire Max Havelaar vient de franchir une nouvelle étape avec l’audience qui s’est tenue le 19 octobre dernier à la Cour d’Appel de Paris.

Programmée initialement à 13h30, elle a été reportée – à la demande de l’avocat de Max Havelaar à 16h – pour ne commencer finalement qu’à 17h30, devant une salle comble.

Le détail en a été rapporté par Marianne2.

À la sortie du Tribunal Jean-Loup Carié, 74 ans, délégué par Max Havelaar pour représenter la marque éponyme à l’audience, tentait une ultime opération de séduction à l’égard des membres du comité de soutien, venus nombreux à l’audience.

« Nous n’en voulons pas à Monsieur Jacquiau. Nous sommes des militants qui avons été touchés par l’article de l’Écho des savanes. Max Havelaar veut sortir par le haut de cette affaire… », tentait d’expliquer le bon Monsieur. Refrain connu…

À lui le rôle du gentil alors que l’avocat de Max Havelaar – mandaté bien évidemment à cet effet – venait de terminer sa plaidoirie assassine, reprenant mot pour mot ses arguments éculés de la première instance (« Christian Jacquiau a dit que les paysans sous contrat avec Max Havelaar n’ont aucune obligation de mieux traiter leurs salariés », ce qui est vrai, comme chacun le sait…) à la stupéfaction générale des personnes présentes dans la salle. Pas mieux ?

A la rumeur et aux ragots, Maître Antoine Comte opposa dans son excellente plaidoirie le Droit et la Justice.

Sortir par le haut ? Qui pourrait encore le croire à l’issue de cette pitoyable comédie impropre à dissimuler la farouche volonté de Max Havelaar de faire un exemple en bâillonnant définitivement celles et ceux qui pourraient être tentés d’aller mettre leur nez dans ses petites affaires ?

La chose est entendue désormais.

Ce n’est pas victime de sa méconnaissance de l’affaire que Max Havelaar s’est lancé dans cette violente opération de censure par l’argent.

Ce n’est pas parce qu’il pourrait y avoir eu méprise que Max Havelaar en est arrivé à réclamer des sommes astronomiques pour des propos non tenus.

C’est bien avec une réelle volonté de faire taire toute voix critique de son système que Max Havelaar entend neutraliser l’auteur d’un livre qu’il n’a jamais pu attaquer par ailleurs.

Max Havelaar avait là une très belle occasion de sortir « par le haut » comme aiment à le répéter ses communicants, une chance de tourner les talons à cette impasse dans laquelle il s’est fourvoyé.

Ce n’est pas le choix qui a été fait et on ne peut que le constater, la nouvelle direction s’inscrit rigoureusement dans la ligne de son prédécesseur.

Ce mercredi 19 octobre les masques sont tombés.

Il sera désormais bien difficile pour Max Havelaar de parler d’éthique, de volonté de dialogue, de transparence et d’ouverture.

L’affaire Max Havelaar, symptomatique d’une époque où l’argent confère à ceux qui le manipulent le pouvoir de presque tout – y compris, croient-ils, celui de faire taire toute opposition et toute critique même des plus constructives – restera exemplaire de cet acharnement dont peuvent faire preuve certaines structures pour museler toute personne qui s’intéresserait d’un peu trop près à leur petit business.

Elle est une parfaite illustration des dérives, des abus et de cette évolution que je dénonçais dans Les coulisses du commerce équitable, il y a maintenant plus de cinq ans.

Et les consomm’acteurs, tous ceux qui veulent donner un sens à leur consommation et s’en servir comme de ce levier de transformation qu’avait cru mettre en œuvre le père Franz van der Hoff en créant Max Havelaar, ne sont plus prêts à s’en laisser conter par de petits barons arrivistes confondant parts de marché, éthique et équitable.

Max Havelaar France s’est discrédité par de tels comportements.

On ne peut que le regretter pour le père Franz van der Hoff dont personne ne peut douter de la sincérité.

On ne peut que le regretter pour les militants qui s’investissent au quotidien, pour celles et ceux qui n’hésitent pas à passer des journées entières dans le froid et dans le vent pour vendre quelques paquets de cafés aux couleurs d’une marque qui fait si peu de cas de leurs idéaux.

Ils n’ont pas eu leur mot à dire dans cette piètre démonstration et c’est leur travail qui est aujourd’hui piétiné par de tels comportements outranciers.

L’erreur de Max Havelaar France aura été de négliger la capacité d’indignation et de réaction des citoyens et des militants qui n’acceptent pas ces méthodes qu’ils croyaient n’avoir cours qu’au sein des seules transnationales.
Maintenant ils savent.

Max Havelaar a perdu la bataille de l’éthique.

Le jugement, quant à lui, sera prononcé le 23 novembre.

Ce combat pour la liberté de la presse, la libre expression des individus, le droit à la critique, contre la censure des puissants et du pouvoir de l’argent, Max Havelaar le sait, on le mènera jusqu’au bout.
Et on le gagnera.
Ensemble.

Patience et longueur de temps…

Nota : Pour en savoir plus et lire le compte rendu de l’audience publié par Marianne2, cliquez sur l’image ci-dessous :

Jugement le 23 novembre 2011…







A. Les coulisses d’une affaire peu équitable…
B. L’article, source de la plainte…
B4.1 Un faux journaliste ?
B4.2 Les impostures écrites du faux journaliste
B4.3 Les impostures télévisuelles du faux journaliste
B4.4 Nu chez MacDo, pédophile, pourquoi pas journaliste ?
C. Condamnation… Appel… Soutien…
C2 L’affaire en questions…
C4 Les dernières nouvelles de l’affaire…

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