Consommation : le prix et la valeur (4/5)

| ChJ | l’Écologiste | n°31 | printemps 2010 |

INFORMER LES CONSOMMATEURS

L'Ethiket bus ©

Une autre mesure consisterait à imprimer sur l’étiquette de l’emballage, le prix auquel celui qui fabrique entend rencontrer le consommateur final. Comme pour les livres, les timbres-poste, les journaux, les magazines…

La mesure, s’appliquant à un certain nombre de produits de première nécessité, aurait pour effet de rendre un même produit accessible au même prix, quel que soit le lieu de son achat sur le territoire.

Elle ne fonctionnerait, bien évidemment, qu’à la condition que les marges soient les mêmes pour tous (prix de cession ferme fixé par le fournisseur) et non négociables, faute de quoi le processus des marges arrière ne manquerait pas, là encore, d’asphyxier les fournisseurs.

Il n’est pas anecdotique de rappeler ici que – contrairement à une idée largement répandue – la loi dite de modernisation de l’économie (LME) n’a en aucune façon mis fin à la pratique outrancière des marges arrière.
Ces dernières représentent en moyenne de 40 à 50 % du prix des produits tels que figurant sur les CGV des fournisseurs ! Et elles continuent d’augmenter…

La LME n’a fait qu’autoriser (en supprimant l’interdiction de revente à perte) les distributeurs à restituer les marges arrière aux consommateurs finaux – en tout ou en partie et à leur bon vouloir – dans le but de leur redonner du pouvoir d’achat par une baisse significative des prix à la consommation.

On sait ce qu’il en est advenu de cette promesse du politique en contrepartie de la libéralisation du secteur…

Est-il impensable – à une époque où l’on parle en continu de transparence – de publier les cours des fruits et légumes ou encore les prix de cession départ usine des produits manufacturés que nous consommons ?

Cela permettrait de sortir du mensonge et de la manipulation. Et à tout un chacun de mesurer l’impact réel de la rémunération des uns et les autres.

Devra-t-on encore longtemps se satisfaire de ces commissions, observatoires et autres structures de non investigation, régulièrement constituées au plus fort de chaque crise agricole… pour mieux les étouffer ?

Autre initiative qui mériterait d’être généralisée, celle initiée par l’Ethiket’Bus par Pierre Marotte et ses amis.

L’étiquetage mis en place à bord de leur magasin itinérant, un vieux bus anglais à impériale ayant sillonné les foires et marchés des Pyrénées-Atlantiques pendant plusieurs années, est en effet de nature à bouleverser les règles du commerce traditionnel.

Il permet aux consommateurs de comparer d’un simple coup d’œil les performances sociales (symbolisées par une silhouette humaine), l’impact environnemental (symbolisé par une feuille d’arbre) et économique (symbolisé par un petit cochon tirelire) des produits proposés.
Trois couleurs (vert, orange et rouge) informent sur la qualité des engagements tout au long de la filière (9) .
Sur ses étagères, un miel de montagne produit localement côtoie un autre de fleurs d’oranger, équitable celui là, fraîchement débarqué d’un long voyage de onze mille kilomètres.

Bio ou non, équitable ou pas, produit local ou ayant parcouru des milliers de kilomètres, la cohabitation des produits permet de ne rien imposer au consommateur et de le laisser se forger sa propre opinion.

Le bus a cessé ses tournées, faute de rentabilité suffisante. Il est aujourd’hui immobilisé en attendant de nouvelles aventures militantes qui ne sauraient tarder…

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CONSOMMATION : LE PRIX ET LA VALEUR (5/5)
DE VÉRITABLES PIONNIERS D’UNE ÈRE NOUVELLE

notes :
(9) voir http://www.togethearth.org