Consommation : le prix et la valeur (5/5)

| ChJ | l’Écologiste | n°31 | printemps 2010 |

DE VÉRITABLES PIONNIERS D’UNE ÈRE NOUVELLE


La conjugaison de ces initiatives, expériences et propositions non exhaustives permettrait la réinstallation de nouveaux commerçants au cœur des villes, entraînant de facto la création d’emplois de proximité, réels, stables et durables.
Elles sont sans contre-indication, hormis pour ceux à qui profite le système.
Elles permettraient d’arrêter le processus des délocalisations qui s’accélère – et qui sera mené jusqu’à la dernière usine, le dernier atelier et le dernier emploi.

Elles auraient pour effet de relocaliser et de redistribuer la richesse autrement qu’au travers de cette quête effrénée de pouvoir d’achat consistant à rechercher des produits toujours moins chers à la production, c’est à dire en réalité… vidés de tout contenu social et écologique.

Leur application aurait pour effet de revaloriser les salaires, de maintenir mais surtout de redéployer une agriculture locale justement rémunérée susceptible de déboucher sur une conversion massive vers des pratiques réellement satisfaisantes en matière sanitaire et environnementale.

Elles permettraient de lutter efficacement contre le chômage, de rétablir la convivialité et le lien social au cœur des cités, à l’instar des préconisations de la récente campagne Alimentons les régions (10) lancée par Minga (11) , Nature & Progrès (12) et Frères des Hommes (13) .

Et qu’on ne nous oppose pas la réglementation contraignante européenne !

Ce modèle globalisé conduit aux mêmes conséquences en Belgique, en Espagne, en Grèce… comme partout sur la planète.

À quoi sert de prétendre, d’estrades en tribunes et de forums en éditoriaux, qu’un autre monde est possible si rien, ni personne, ne s’oppose aux pratiques délétères de telles machines à produire de la misère et de la précarité ?

Le temps n’est plus au laisser-faire. Nous n’avons déjà plus d’autre choix que d’arrêter ce véritable rouleau compresseur, cette arme de destruction massive qui avance vers la société.

Notre modèle de consommation repose sur une agriculture déshumanisée, polluante, productiviste, non rentable et de surcroît non pérenne puisqu’elle doit être gavée de substantielles subventions pour espérer exister.

Il parie sur une croissance de la consommation ayant pour moteur la non durabilité et l’obsolescence de produits fabriqués dans les pires conditions sociales et environnementales, une consommation de masse d’objets superflus et inutiles, le tout reposant sur des réseaux de distribution basés sur le tout automobile…

Ce modèle est un véritable concentré de mondialisation débridée tel que le rêvent les promoteurs d’un capitalisme financier apatride autant que mondialisé.
La tentation peut être forte pour les conservateurs – de droite comme de gauche – d’enfermer ce débat dans une caricaturale querelle des anciens contre les modernes. Mais leur modernisme remonte aux années 1970 et il est aujourd’hui totalement dépassé.

C’est un choix de société qui est en cause et qu’on nous impose.

Un peu partout, des AMAP (14) aux GASE bretons (15) en passant par le réseau aveyronnais « sortir du supermarché » (16) ou encore celui des « paysans bas-normands-alterconsommateurs franciliens » animé par Yann Fièvet, le bouillonnant président d’Action Consommation (17) , des citoyens, véritables pionniers d’une ère nouvelle, se lèvent pour refuser cette logique suicidaire.

Ils mènent, loin du tumulte médiatique, un combat pour le futur… que nous n’avons d’autre alternative que de gagner.

Christian Jacquiau

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LES MULTINATIONALES À L’ASSAUT… (1/4)
DE LA BIO ET DU COMMERCE ÉQUITABLE

notes :
(10) http://www.alimentons-les-regions.fr/
(11) http://www.minga.net/
(12) http://www.natureetprogres.org/
(13) http://www.fdh.org/
(14) http://www.reseau-amap.org/
(15) GASE : Groupement d’Achat Service Epicerie
(http://www.lepotcommun.com/le-gase/)
(16) http://sortirdusupermarche12.free-h.net/
(17) http://www.actionconsommation.org