Le capitalisme vu par Jacques Prévert…

Ce texte a été écrit par Jacques Prévert lors des grèves chez Citroën en 1933. Près d’un siècle plus tard, après tant d’années que l’on a prétendu de progrès, rien – ou presque – n’a changé.

Il n’entend pas la voix des hommes qui fabriquent
Il n’entend pas la voix des ouvriers
Il s’en fout des ouvriers
Un ouvrier c’est comme un vieux pneu
Quand il y en a un qui crève on ne l’entend même pas crever
Citroën n’écoute pas
Citroën n’entend pas
(…)
S’il gagne c’est tant mieux
C’est gagné
Mais s’il perd c’est pas lui qui perd
C’est ses ouvriers
C’est toujours ceux qui fabriquent qui en fin de compte sont fabriqués
(…)
Il prend l’air des ouvriers
IL leur prend l’air, le temps, la vie
Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier
Ses poumons abimés par le sable et les acides
Il lui refuse une bouteille de lait
Qu’est-ce que cela peut lui foutre une bouteille de lait ?
Il n’est pas laitier
Il est Citroën
Il a son nom sur la tour
Il a des colonels sous ses ordres
Des colonels gratte-papiers, garde-chiourmes,
Espions
Les journalistes mangent dans sa main
Le préfet de police rampe sur son paillasson
Citron… Citron…
Bénéfices nets
Millions
Millions
Aussi si le chiffre d’affaires vient à baisser
Pour que malgré tout les bénéfices ne diminuent pas
Il suffit d’augmenter la cadence
Et de baisser les salaires.
Baisser les salaires…



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