édito du 13 octobre 2012

Mon dernier éditorial remonte déjà à quelques mois. J’attendais…

J’attendais que l’affaire Max Havelaar soit définitivement classée, naïvement persuadé que les nouveaux dirigeants de l’association auraient à cœur de tourner la page qu’avait ouverte Joaquin Muñoz, son ancien directeur général, remercié depuis.

J’attendais pour vous annoncer la bonne nouvelle. Vous dire que tout était fini. Que le moment était venu de passer à autre chose.

J’attendais…

Mais il me faut bien encore une fois – en espérant que ce soit la dernière – revenir sur cette imposture manipulatoire ayant servi de prétexte à ce procès en sorcellerie des temps modernes. Celui valant avertissement à tous ces dangereux individus, enquêteurs et journalistes d’investigation, qui osent plonger dans les coulisses de ceux qui adorent se faire bronzer sous les sunlights médiatiques mais craignent le moindre halo de lumière susceptible d’éclairer leurs arrière-cours.

On m’avait dit le champion de l’équité pressé d’en finir avec cette sombre affaire. Il semblerait qu’il n’en soit rien.

Max Havelaar traine les pieds pour exécuter la décision de la Cour d’Appel de Paris de novembre 2011 réformant définitivement le jugement de première instance de juin 2010 et le déboutant définitivement de l’ensemble de ses demandes.

Une magnifique victoire de la Justice et de l’équité pourtant !

Si quelqu’un croit encore chez Max Havelaar que cette ultime manœuvre servira la cause du commerce équitable en général et les intérêts de son champion en particulier… alors c’est à désespérer des équipes de marketing et de communication qui s’échinent à lui bâtir une image polie, lisse et policée.

Ses dirigeants doutent-ils encore de ma volonté d’aller jusqu’au bout, jusqu’à la justice, jusqu’à l’équité ?

Peut-être n’ont-ils pas compris que le combat pour la liberté de la presse, la libre expression des individus, le droit à la critique ne peut s’accommoder d’aucun renoncement ?

Christian Jacquiau