DSK : sept millions d’euros pour un rapport sexuel consenti

| Christian Jacquiau | 30 novembre 2012 |

Dans l’indifférence générale, Karim A, 63 ans, bagagiste à Roissy a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir violé, selon les déclarations de la plaignante, dans les sous-sols de l’aéroport parisien, une jeune femme d’origine africaine, technicienne de surface employée par une société de maintenance assurant nettoyage des espaces publics de l’aéroport.
Coupable ? Innocent ? L’homme a toujours nié les faits.
Il ne nous appartient pas de porter ici une quelconque appréciation sur sa culpabilité et pas davantage sur la gravité des faits qui lui sont reprochés. C’est l’affaire de la Justice…

Tant pis pour lui si l’avocat commis d’office chargé de sa défense n’a pas su convaincre les juges.

Tant pis pour lui si ses modestes revenus de bagagiste en CDD ne lui ont pas permis de s’offrir les services de ténors du barreau qui auraient pu lui éviter de tomber sous le coup des articles 222-23 et suivants du code pénal et encore moins de dédommager la présumée victime. Il lui reste maintenant quinze années pour méditer sur ce qui vient de lui arriver…

A quelques milliers de kilomètres de là, se négocie en catimini, la fin des ennuis judiciaires d’un certain DSK, 63 ans lui aussi mais ténor de l’une des plus hautes instances mondiales, accessoirement ex-futur président de la République française.

L’homme risquait aux Etats-Unis la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir, selon les déclarations de la plaignante, abusé sexuellement (le vocabulaire est ici adapté à la qualité du protagoniste), une jeune femme de couleur payée une poignée de dollars pour entretenir irréprochablement la moquette épaisse des suites de l’un de ces palaces sur-étoilés qu’affectionnent tout particulièrement les princes qui nous gouvernent lorsqu’ils tournent autour de la planète.

En France, son cas spécifique eut été un fait divers. « Un troussage de domestique », comme l’avait commenté en son temps un journaliste ami de l’accusé, d’ordinaire beaucoup mieux inspiré.

« Il n’y a pas eu mort d’homme » avait à l’époque des faits surenchéri un ancien ministre socialiste, ne considérant par ces mots la gravité du viol qu’à la condition qu’il soit accompagné du décès de la victime. Madame Nafissatou Diallo était bien vivante et il n’est pas certain qu’on ait accordé le moindre crédit à ses déclarations si elle avait dû franchir le seuil d’un commissariat de police sur le territoire du pays des droits de… l’homme.

Coupable ? Innocent ? L’homme a toujours nié les faits et il ne nous appartient pas de porter ici une quelconque appréciation sur sa culpabilité. Pas davantage sur la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Hésitante la Justice étasunienne a fini par relaxer le prévenu, la femme de chambre ayant menti lors de son arrivée sur le territoire américain, en inventant un viol pour décrocher l’asile politique. L’affaire était donc pénalement classée.

Tant pis pour la victime présumée si son agresseur, présumé lui aussi, a pu disposer de moyens financiers colossaux lui permettant de s’offrir les services des plus grands ténors du barreau. Ainsi va la Justice…

Mais voilà que l’on apprend, selon des sources judiciaires du New York Times et de l’Associated Press, que Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du Fonds Monétaire International (FMI), aurait trouvé un accord avec Madame Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel qui l’accusait d’agression sexuelle.


Le quotidien Le Monde indique quant à lui que les deux parties se seraient entendues sur le versement par Dominique Strauss-Kahn de 6 millions de dollars (4,6 millions d’euros) à Madame Nafissatou Diallo !

Le quotidien précise encore que la moitié de la somme devrait être empruntée par Dominique Strauss-Kahn à son ex-compagne Anne Sinclair, l’autre moitié venant d’un emprunt bancaire (1).

Pour un emprunt de 4,6 millions d’euros rémunéré au taux de 5 % sur 20 ans, les échéances mensuelles s’élèveront à plus de 30 000 € pour le malheureux innocent. Les intérêts cumulés représenteront quant à eux, au bout de 20 ans, la modique somme de… 2 685 000 €.

Au final, ce moment de séduction aura tout de même couté à Dominique Strauss-Kahn la bagatelle d’un peu plus de 7000 000 € !

Question : De quels revenus après impôts – autres que ceux de son épouse dont il est séparé – le socialiste Dominique Strauss-Kahn dispose-t-il pour pouvoir rembourser de telles sommes ?

Aux États-Unis, pays où tout s’achète et tout se vend, le versement d’une compensation financière à la victime dans le cadre d’un règlement à l’amiable est assorti le plus souvent d’une interdiction de la partie dédommagée de s’adresser aux médias. C’est le prix du silence en quelque sorte…

Question : Que craignait donc Dominique Strauss-Kahn, lui qui a toujours clamé son innocence – qualifiant le rapport sexuel qu’il a reconnu avoir eu avec Madame Nafissatou Diallo de consenti – pour accepter de payer aussi facilement de telles sommes réduisant la plaignante au silence ?

Sept millions d’euros pour un rapport sexuel consenti ! La justice a certes un prix mais pour quelle valeur ?

(1) Les avocats de l’ancien chef du FMI ont qualifié ces révélations « d’erronées » et « fantaisistes ».