A mon ami Philippe Cohen…

Mon cher Philippe,

Tu nous a quitté comme tu as vécu. Simple. Modeste. Presque sur la pointe des pieds…

Tu étais un vrai journaliste, animé d’une réelle authenticité, véritable pourfendeur des idées reçues, du suivisme et de la pensée unique.

Tu as été un modèle d’éthique et de professionnalisme journalistique. Un concentré de qualités devenues très rares…

C’est toi qui au printemps 2000 m’as mis le pied à l’étrier.

Je n’oublierai jamais le chapeau que tu avais signé en présentant mon livre, Les coulisses de la grande distribution lors de la publication dans le numéro du 20 mars 2000 de 14 pages de « bonnes feuilles » que tu avais sollicité auprès de mon éditeur. Point par copinage. Nous ne nous connaissions pas à l’époque.

Je n’oublierai pas non plus cette porte que tu m’as ouverte en me permettant de publier épisodiquement des textes dans les colonnes de la version papier de l’hebdomadaire Marianne.

Je n’oublierai pas l’accueil que tu m’as réservé dans les colonnes de Marianne 2 que tu as créé et animé avec une incroyable passion et le talent qui était le tien.

Je me souviens aussi de ces moments privilégiés partagés à plancher tous les deux sur le programme économique d’un candidat à la présidence de la République, il y a quelques années déjà…

Je me souviens de ta générosité, de ton sens du partage, de ta loyauté de tous les instants. Une qualité plus que rare…

Tu as été et resteras un modèle pour tous ceux qui prétendent informer autrement qu’en reprenant des communiqués de presse d’officines spécialisées ou même parfois, on en a connu toi et moi, en piquant tout simplement les papiers d’autres…

Tu n’avais pas que des amis. Tu as même fait beaucoup de jaloux. Certains parmi ceux qui se sentent aujourd’hui obligés de verser leur petite larme ne t’ont pourtant jamais épargné. Ils se reconnaîtront en lisant ces lignes, ceux qui ne t’ont jamais pardonné d’avoir concentré autant de ces qualités exceptionnelles qui leur font tant défaut.

Tu t’es battu jusqu’à ton dernier souffle avec courage et opiniâtreté, traitant ta terrible maladie avec humour et dérision, comme dans ce dernier mail que tu m’as adressé il y a quelques jours seulement.

Il n’y a pas de mots pour exprimer ce que je ressens aujourd’hui.

Tu étais un ami, un frère de plume, un frère de combats.

Tu me manques mon vieux Philippe, comme tu manques à tes nombreux lecteurs, admirateurs et amis.

Tu resteras à jamais une figure exceptionnelle de sincérité, de loyauté, d’éthique et de professionnalisme journalistique.

Merci pour tout.

Adieu l’ami. Salut Philippe.

Christian Jacquiau