Bruno-Pascal Chevalier. Son combat pour la vie continue…

En 2008, suite à la grève des soins entamée par Bruno Pascal Chevalier, le candidat François Hollande lui avait rendu visite et lui avait promis de supprimer les franchises médicales, s’il était élu à la présidence de la République, en mai 2012.

Le 16 avril 2012, à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, Bruno Pascal Chevalier et ses ami(e)s d’Act-Up s’étonnaient publiquement du fait que cet engagement ne soit pas repris et n’apparaisse pas dans le programme du candidat socialiste, pas même dans son inconsistante feuille de route.

Dans une vidéo rendue publique par l’association Act Up-Paris, deux malades du sida demandaient alors ouvertement : « Faudra-t-il faire une grève des soins et se mettre en danger pour que François Hollande nous écoute et que le candidat socialiste daigne enfin répondre sur son programme et l’abolition des taxes sur la santé ? ».

Dans cette vidéo reproduite ci-dessous, Bruno Pascal Chevalier interpelle le candidat François Hollande :


« Pendant ma grève des soins François Hollande était venu me voir et m’avait promis d’abolir cette mesure des franchises médicales. Alors pourquoi la suppression des franchises médicales ne fait pas partie de son programme pour les élections présidentielles ?

François Hollande ne s’intéressent-ils à nous que quand nous sommes en danger ?


Que dois-je penser ? Que conclure ?

Que je dois recommencer une grève des soins pour que le PS se rende compte du mépris qu’il exerce sur les malades et les handicapés ? »

Il ne recevra aucune réponse…


De son côté, Frédéric Navarro, président d’Act Up-Paris, se scandalise :

« Vendredi dernier, François Hollande était interrogé en direct sur Mediapart au sujet des franchises. Il a répondu… sur les mutuelle ! »
« Monsieur Hollande, je suis malade. J’ai moins de 700 euros par mois. Je n’ai pas de mutuelle !
C’est bien beau que vous parliez de ce sujet, mais pourquoi ne pas parler aussi de situations comme la mienne ?
Êtes-vous d’accord pour que je paie plus que des personnes en bonne santé, malgré ma précarité ?
Estimez-vous que je coûte trop cher à la société ?
Dois-je faire une grève des soins pour que vous me répondiez ?
», interpelle Frédéric Navarro, sans plus de résultat.

« La grève des soins est une mise en danger que personne ne saurait encourager.
Que des malades la posent comme hypothèse en dit long sur l’impact du silence de François Hollande et sa déconnexion avec la réalité des malades précaires.

En effet, beaucoup d’entre nous, malades, devons renoncer à des soins car ils nous coûtent trop cher.
Il ne s’agit pas d’un acte politique, mais d’un acte de survie.
François Hollande n’a cessé de dresser ce constat, accablant pour la droite.
Mais il ne propose aucune solution concrète, et refuse de répondre aux questions légitimes des associations.
Par son silence, François Hollande autorise que des malades, qui n’ont [pas] l’accès aux médias qu’ont les militant(e)s d’associations, renoncent à leurs soins, sans que personne ne le sache »
, peut-on lire sur le site d’Act-Up alors que l’ex-candidat devenu président de la République regarde désormais ailleurs…

A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, François Hollande a refusé de s’engager pour l’abolition des franchises médicales.

Vingt-cinq organisations travaillant sur les questions de santé le lui ont redemandé. Il n’a répondu que par le silence.

Cette mesure mise en place en janvier 2008 par Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot, sa caricaturale ministre de la santé, stigmatise et précarise les personnes malades, rompt avec les principes de solidarité, pousse les personnes les plus précaires à renoncer à des soins.

Pourquoi le président socialiste François Hollande s’est-il refusé à sa suppression ?


  • Communiqué de Bruno-Pascal Chevalier et du Dr Lehmann
  • Bruno-Pascal Chevalier et le Patchwork des noms
  • Chroniques d’un malade ordinaire
  • Hommages à Bruno-Pascal Chevalier