Bruno-Pascal Chevalier et le Patchwork des noms

| Bruno-Pascal Chevalier | Patchwork des noms | 1er décembre 2008 |

Extraits du discours de Bruno-Pascal Chevalier, le 1er décembre 2008, lors du déploiement du Patchwork des noms à Conflans-Sainte-Honorine, dans le cadre de la journée de lutte contre le sida.

«  Le Patchwork des noms a pour vocation de rendre hommage aux victimes décédées du sida et permettre à leur famille, leurs amis et leurs proches de rappeler ce que fut leur combat face à la maladie. Dans cet instant solennel, nous témoignons aussi de notre solidarité envers ceux qui ont souffert et ceux qui souffrent encore aujourd’hui.

Sauf qu’aujourd’hui le principe de solidarité tend à disparaître au profit de la responsabilisation des malades. Comment le Patchwork des Noms peut passer sous silence l’inégalité qui s’opère dans l’accès aux soins ?

Cette franchise médicale, qui n’est autre qu’un impôt supplémentaire sur les malades, n’est même pas injuste, elle est obscène. […] Voulons-nous un système de soins qui ne prennent pas en charge les séropositifs au moment où le sida se déclare ? Voulons-nous que les malades soient privés des soins qui les aident à supporter les effets indésirables des traitements ou la douleur liée à la maladie ? […] Ce sont ces questions qui se posent à nous aujourd’hui et auxquelles il s’agit de répondre maintenant. […] Enfin je ne reviendrai pas sur l’absence remarquée du gouvernement français à la conférence mondiale de lutte contre le sida à Mexico l’été dernier.

Vous l’avez compris, avec le Patchwork des noms, Nous portons cette révolte des malades, de leur famille, de ceux qui les accompagnent, des soignants, des travailleurs sociaux, des militants associatifs, des politiques et de tous les citoyens qui partagent nos positions ; Jacques Hébert, fondateur du Patchwork, avec nous aujourd’hui, pourrait vous dire combien il est important lors de nos cérémonies de rappeler à tous ceux qui dans le passé ont lutté contre la maladie et à qui nous rendons hommage aujourd’hui. Cet appel est un respect à leur mémoire et à celle de leurs amis et famille. […] Continuons à nous battre pour tous ceux qui décèdent encore du sida. Ils nous manquent et nous devons continuer à témoigner notre solidarité. Ces panneaux sont notre témoignage pour exprimer notre colère face à cette pandémie insupportable. Nous vaincrons le jour ou nous confectionnerons, l’ultime panneau. Ce sera un panneau de trop ».


interview de Bruno-Pascal Chevalier président du Patchwork des noms, association travaillant sur la mémoire des malades du sida :



  • Chroniques d’un malade ordinaire
  • Hommages à Bruno-Pascal Chevalier