Bio, commerce équitable… Ouvrez l’œil ! 4/4

| ChJ | Politis | hors-série n°54 | mai-juin 2011 |



L’INITIATIVE DE CITOYENS EN VOIE D’ÉMANCIPATION…

Comment expliquer le fait que les produits bio soient plus chers encore dans nombre de magasins spécialisés ?

Comment comprendre qu’en vente directe ou encore au sein d’AMAP, véritables commerces équitables de proximité, certains n’hésitent pas à aligner leurs prix sur ceux affichés par les réseaux de magasins spécialisés dont la structure des prix mériterait pour le moins d’être clarifiée ?

A quoi correspondent les 2,50 € réclamés en vente directe pour un kilo de pommes, le fruit du pauvre d’avant passage à l’euro ?

Comment l’expliquer, le justifier… et surtout le comprendre ?

A moins, qu’après s’être fait pressurer par les centrales d’achats, certains paysans ne soient tentés de se rattraper – bien au delà de l’équité et de l’esprit de démarche solidaire – sur le dos de braves consommateurs désemparés autant que désinformés ?

Serions-nous en train de reproduire les mêmes schémas inéquitables et excluants qui feraient du commerce un éternel (super)marché de dupes ?

La généralisation de la bio, du commerce équitable et de l’éthique (une trilogie inséparable pour pouvoir se revendiquer d’une consommation responsable) ne pourra se faire sans une totale transparence de la structure des prix.
Jamais les alternatives n’ont eu autant besoin, elles aussi, de faire leur bilan d’étape.

En cette année 2011 où nombre d’ordres que l’on croyait établis vacillent sur leurs bases, les acteurs du commerce équitable, tout comme ceux de la bio et des nouveaux circuits de vente directe, ne peuvent plus faire l’économie de salutaires interrogations quant à la finalité des échanges, leur contenu social et écologique et au modèle de société qu’ils sous-tendent.

Il n’est plus temps d’attendre les politiques.

L’initiative viendra de la rue, de ceux qui font et qui sont la société, des citoyens et des peuples en voie d’émancipation et de libération, de plus en plus nombreux à faire le lien entre ce qu’ils déplorent et le mode de vie et de consommation que leur imposent les confiscateurs financiers qui contrôlent la marche du monde.

AMAP, groupements d’achats, réseaux citoyens… Ils sont chaque jour plus nombreux ceux qui se lèvent et refusent avec indignation cette régression orchestrée que l’on tente de nous infliger sous couvert de ce qui serait une irrépressible fatalité : la crise.

Le temps des interrogations et des incertitudes passé, l’inquiétude ne devrait pas tarder à changer de camp face à l’immense volonté d’en finir avec le modèle productiviste financiarisé agonisant du siècle passé.

A condition toutefois que chacun joue le jeu…



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