Bio, commerce équitable… Ouvrez l’œil ! 1/4

| ChJ | Politis | hors-série n°54 | mai-juin 2011 |



L’ÉQUITABLE DANS UNE ZONE DE TURBULENCES…




Mise sous contrôle du commerce alternatif; tentative de réglementation contraignante imposée aux AMAP; bio industrielle, productiviste et intensive; normalisation par le bas, au point de voir l’un des pionniers de la bio (Nature & Progrès) se faire exclure d’un des plus anciens réseaux de distribution de produits biologiques (BioCoop) pour cause de non alignement sur un label européen pourtant moins-disant; élection d’un industriel à la tête du premier syndicat agricole français; versement de marges arrière et pratiques anticoncurrentielles reconnues par un des poids lourds du commerce équitable (1)l’autre monde possible a décidément bien du mal à émerger.

Quant à Max Havelaar, privé des grasses subventions que lui accordaient jusqu’alors ses amis politiques via le ministère des Affaires Étrangères; malmené par la pression sur les prix à la production exercée par la grande distribution; frappé par la chute des ventes servant de base à ses redevances de marque; déstabilisé par la perte de confiance des consommateurs; fragilisé par la multiplication des repères de garantie écolo-éthico-équito responsables… il traverse actuellement une zone de très fortes turbulences.

À quelques semaines de la quinzaine du commerce équitable, Max Havelaar France a d’ailleurs dû se séparer de Joaquin Muñoz, son directeur général. Outre la gestion de sa crise de croissance, c’est la politique de développement de l’association qui est aujourd’hui en question.

Son nouveau directeur – passé par la direction scientifique d’Arvalis (2), un organisme de recherche agricole appliquée spécialisé dans les céréales, bien connu pour ses essais en matière d’OGM (3), aura manifestement fort à faire.

Dommage collatéral : les réseaux alternatifs se trouvent à leur tour, après avoir subi la concurrence farouche de la grande distribution, victimes de graves difficultés.

Pour couronner le tout, les petits producteurs se plaignent de plus en plus ouvertement du peu de retour du système. Quant à l’impact sur leurs salariés – travailleurs journaliers, saisonniers, sans terre et autres précaires qui s’échinent tout au long des filières – les apports du commerce équitable se limitent le plus souvent à la recherche de nouveaux gains de productivité obtenus par l’amélioration des conditions de travail visant à l’optimisation de l’outil de travail… qu’ils sont.

Triste tableau d’un marché perdant / perdant ? Pas tout à fait.

Les difficultés que rencontrent aujourd’hui la majeure partie des acteurs du commerce équitable constituent incontestablement une magnifique victoire de l’oligopole de la grande distribution sur ceux qui, naïvement, avaient cru être en capacité d’en changer les pratiques.

Le monde agricole n’est pas mieux loti…

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BIO, COMMERCE ÉQUITABLE… OUVREZ L’ŒIL ! (2/4)
FUSIONNER L’AGRICULTURE AVEC L’INDUSTRIE ?

(1) Crise larvée chez Max Havelaar (www.marianne2.fr/Crise-larvee-chez-Max-Havelaar_a203146.html).
(2) Arvalis-Institut du végétal se présente sur son site Internet comme étant un Institut de recherche appliquée en agriculture, mettant au point et diffusant des informations et des techniques permettant aux producteurs de s’adapter à l’évolution des marchés agro-alimentaires et de rester compétitifs au plan international, tout en respectant l’environnement. (www.arvalisinstitutduvegetal.fr)
(3) Sur son site Syngenta, un poids-lourd des OGM, se félicite de son partenariat avec Arvalis-Institut du végétal, lui apportant « sa caution scientifique forte » dans le cadre d’un concours derrière lequel se cache une opération de séduction à l’égard du monde de l’enseignement agricole » (www.syngenta-agro.fr/synweb/standardpdp_20_4_808_Arvalis-Institut-du-v%C3%A9g%C3%A9tal.aspx)