Aurore Martin soumise au régime d’exception

| Dominique de Laagele | Sud-Ouest | 29 novembre 2012 |

« Dans sa prison de Madrid, Aurore Martin est soumise au régime d’exception. La militante française livrée aux autorités espagnoles n’a droit qu’à deux heures de promenade par jour dénoncent ses soutiens depuis la Ligue des Droits de l’Homme », explique Dominique de Laagele, journaliste à Sud-Ouest.


Les soutiens à Aurore Martin, la militante basque interpellée le 1er novembre dernier à Mauléon lors d’un contrôle de la gendarmerie puis remise aux autorités espagnoles en vertu d’un mandat d’arrêt européen (MAE), se sont réunis ce mardi à Paris au siège de la Ligue des Droits de l’Homme.
En présence notamment de Pierre Tartakowsky (président de la LDH), d’Olivier Besancenot (NPA), d’Olivier Dartigolle (PC), de Jérôme Glezes (EELV)… Ils ont une nouvelle fois dénoncé la « livraison » d’Aurore Martin aux Espagnols. Et fait valoir que seule une pression de l’opinion publique sur le gouvernement français pourrait desserrer l’étau.

Presqu’ aussi virulentes qu’Anaïs Funosas, la militante de Bake bidea, les deux députées PS des Pyrénées-Atlantiques, Colette Capdevielle et Sylviane Alaux, qui portent également la pétition adressée au président Hollande, ont fait valoir leur « liberté de conscience » pour fustiger l’attitude du gouvernement socialiste. « Les activités d’Aurore Martin ne relèvent pas de la justice en France mais on l’a tout de même livrée aux Espagnols sous couvert de ce MAE, alors même qu’une solution politique est à l’œuvre pour mettre fin à la lutte armée d’ETA. Cette décision est absurde politiquement et prouve le caractère toxique des MAE » a dénoncé le président de la Ligue des Droits de l’Homme.

L’avocate espagnole d’Aurore Martin, Jone Goirizelaia, a rappelé que la jeune femme avait été interpellée dans le cadre d’une instruction déjà ancienne (2006-2009) et portant sur une quarantaine de militants, dont quatre de nationalité française.

« On lui reproche d’avoir participé à des réunions et aux conférences de presse d’un parti (Batasuna) interdit en Espagne mais pas en France, a exposé Jone Goirizelaia. Mais également d’avoir écrit un article repris au Pays Basque Sud. L’ensemble des autres inculpés ont été libérés en attendant le procès, après avoir passé deux ans en préventive. Aurore Martin risque d’être soumise au même traitement.

Elle n’a droit qu’à deux heures de promenade par jour à la prison madrilène Soto del Real. Soumise au régime d’exception appliqué aux Basques, elle ne peut recevoir que ses parents directs ou son avocate. Et toutes nos conversations sont enregistrées » a encore exposé Jone Goirizelaia.


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