B3.5 – Cet organisme ignore les salariés des producteurs…

[RAPPEL : Les textes reproduits ci-dessous (texte de couleur verte) sont des extraits des courriers adressés à Daniel AUDION, à Messieurs Didier TRONCHET et Jacques GLENAT, portés bien évidement, en tant que pièces de procédure, à la connaissance de l'association Max Havelaar]



Toujours en réponse à la même question, vous me prêtez les propos suivants:

« Cet organisme ne s’adresse qu’aux producteurs, mais ignore les salariés de ces producteurs. Ils font travailler des quasi esclaves sur les sites de production, parfois des femmes au corps rongé par les produits chimiques ».

Le terme « organisme » ne fait pas partie de mon vocabulaire s’agissant de désigner Max Havelaar. Comme je l’ai écrit, et comme je le rappelle pratiquement dans chacune des interviews que je donne, Max Havelaar n’est pas une entreprise mais une association exploitant la marque éponyme qu’elle a créée en reprenant le nom du personnage central d’un roman publié en 1860 par Eduard Douwes Dekker sous le pseudonyme de Multatuli : Max Havelaar.

Il n’est un secret pour personne que Max Havelaar s’adresse exclusivement aux PPDS (Petits producteurs défavorisés du Sud), se limitant à leur demander d’appliquer les règles de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) visant à faire respecter et progresser les droits sociaux fondamentaux suivants :
- l’interdiction du travail forcé ;
- l’interdiction de l’exploitation des enfants ;
- le respect de la liberté d’organisation (création de syndicats) et du droit de négociation collective, la non discrimination ;
- une rémunération au moins équivalente au salaire minimum vital ou au salaire minimum légal quand il est supérieur,
- le respect des règles concernant la santé et la sécurité au travail ;
- le respect des règles fixant la durée maximale du travail et la rémunération des heures supplémentaires.

Il ne vous aura pas échappé que j’ai repris de façon exhaustive cet engagement de Max Havelaar dans mon ouvrage.

( cf. note numéro 2 de la page 10 des coulisses du commerce équitable )

.
Il ne fait davantage secret pour personne que le système ne prévoit pour les salariés des producteurs aucune amélioration de leurs conditions de travail et notamment, de leur rémunération, en dehors de ce qui est énoncé ci-dessus, contrairement à ce qu’il en est pour leurs employeurs, bénéficiaires du système Max Havelaar.

Bien que cela ne soit pas à moi de le faire, s’il faut reconnaître au moins un mérite aux coulisses du commerce équitable, c’est peut-être d’avoir alerté sur cette lacune au point que l’association promette aujourd’hui [NDR : 20 ans après sa création, mais il n'est jamais trop tard] de remédier à cet oubli.

Je vous renvoie au chapitre 22 (« des coopératives dans le désarroi ») du livre Les coulisses du commerce équitable (chapitre dont vous trouverez ci-dessous un court extrait) dans lequel je décris l’embarras du directeur de Max Havelaar France, invité par Guy Lagache sur le plateau de l’émission Capital (M6) diffusée le dimanche 2 avril 2006 pour y commenter un reportage ayant pour thème : « Café : à qui profite le label commerce équitable ? ».

(extrait)

« C’est une surprise ce qu’on vient de voir ! », lance Guy Lagache [à Victor Ferreira, directeur de Max Havelaar France], manifestement consterné par les images que lui ont rapporté ses enquêteurs.

« Lorsqu’on achète un produit équitable issu de la coopérative Coagrosol [certifiée Max Havelaar], l’argent ne va pas forcément aux plus pauvres qui travaillent dans les plantations. Pour vous c’est une surprise ou vous le saviez ? », demande le journaliste à son invité.

« On le sait… Le problème des travailleurs n’est pas réglé » (sic), reconnaît le patron de Max Havelaar.

« Pour Coagrosol, le sort des travailleurs pauvres sera revu dans deux ans », explique encore Victor Ferreira .

« Leurs conditions de travail et de salaire ne sont pas encore supérieures à ceux qui travaillent chez les autres propriétaires de la région. La coopérative travaille actuellement pour formaliser la politique des ressources humaines. De meilleurs salaires et un plan de retraite sont à l’étude » (sic), promet laconiquement Max Havelaar.

« Pourquoi dans deux ans ? », demande interloqué le journaliste.

« Ca a été négocié, discuté avec le contrôleur… », rétorque déconfit le représentant de Max Havelaar.

Pourtant, depuis 2001, les consommateurs des produits Coagrosol – arborant les étiquettes « équitable » d’Auchan ou d’Alter Eco et le fameux logo de « garantie » de la marque Max Havelaar – payent plus cher pour ce qu’ils croient être… de l’équitable.

Pourquoi aura-t-il fallu attendre la visite des caméras de M6 pour qu’émergent enfin ces nouvelles promesses d’équitable ?

Quelle suite leur sera donnée ?

Quel impact sur l’ensemble des ouvriers précaires des producteurs d’équitable, chez Coagrosol, bien sûr, mais aussi partout ailleurs – dans les coopératives certifiées par Max Havelaar ? »

[ Des questions qui fâchent, sans aucun doute, mais l'impérative exigence de transparence, essence même du commerce équitable, peut-elle s’accommoder de telles situations ?

L'avoir révélé sera un élément clé de ma condamnation.


Ce qui malheureusement ne change rien à la situation des travailleurs pauvres employés par des producteurs écoulant leurs productions sous les couleurs de Max Havelaar ].




[RAPPEL : Les textes reproduits ci-dessus (texte de couleur verte) sont des extraits des courriers adressés à Daniel AUDION, à Messieurs Didier TRONCHET et Jacques GLENAT, portés bien évidement, en tant que pièces de procédure, à la connaissance de l'association Max Havelaar]




pour lire la suite…

B3.6 – Faut pas prendre les gens pour des imbéciles…

[ cliquez sur le titre ci-dessus ]

A. Les coulisses d’une affaire peu équitable…
B. L’article, source de la plainte…
B4.1 Un faux journaliste ?
B4.2 Les impostures écrites du faux journaliste
B4.3 Les impostures télévisuelles du faux journaliste
B4.4 Nu chez MacDo, pédophile, pourquoi pas journaliste ?
C. Condamnation… Appel… Soutien…
C2 L’affaire en questions…
C4 Les dernières nouvelles de l’affaire…

[sommaire complet]


circuit court :

C – Condamnation… Appel… Soutien…